L’Université de Corse au cœur de la promotion des territoires insulaires mondiaux

Focus

Créé en 2010 à l’initiative de l’Université de Corse, le Réseau d’Excellence des Territoires Insulaires (RETI) offre aux universitaires internationaux un espace d’échanges pour développer des collaborations scientifiques. Objectif : faire sortir l’insularité de sa marginalité.

 

Logo du RETIDepuis de nombreuses années, c’est l’une de préoccupations majeures de l’Université de Corse : constituer une dynamique de coopération internationale en vue de développer des collaborations scientifiques. Afin d’offrir aux universitaires un espace d’échanges permettant d’élaborer des projets communs, l’Université de Corse a créé, en juillet 2010, le Réseau d’Excellence des Territoires Insulaires (RETI). Constituée de 28 membres, cette plate-forme de travail compte en son sein nombre de territoires insulaires à l’instar de Madagascar, d’Okinawa (Japon), de Cuba, de la Sardaigne, de l’Ecosse ou des Baléares.

 

La philosophie de ce réseau ? « Il s’agit de développer des travaux de recherche et de faire prendre en compte le fait insulaire, assez peu reconnu aujourd’hui par les instances internationales comme l’Union européenne », résume Mathieu Graziani, directeur du RETI et vice-président de l’Université de Corse en charge des relations internationales.

Au programme : des travaux scientifiques partagés, des activités de recherche sur des thématiques communes, et une mise en relation plus étroite des membres du réseau. « Les territoires insulaires ont des problématiques similaires dans de nombreux domaines, comme l’énergie, les transports ou la vie chère, en raison des surcoûts engendrés par l’insularité, explique Mathieu Graziani. L’intérêt de ce réseau est donc de confronter les expériences et les compétences des différentes universités, afin de mieux comprendre ces phénomènes et de proposer des solutions ».

 

 

À titre d’exemple, dans le cadre du RETI des chercheurs de l’Université de Corse/CNRS et de celle de Cagliari en Sardaigne planchent particulièrement sur l’impact du trafic maritime sur l’environnement, la qualité des eaux marines et la gestion des déchets dans les ports. « Le résultat de ces différents travaux a vocation à être valorisé via des conférences, des symposiums et des présentations d’études, indique Mathieu Graziani. Cela permet aux universités d’avoir une audience plus large, même s’il est parfois complexe de faire sortir l’insularité de sa marginalité en réalisant, par exemple, des propositions aux pouvoirs publics face à certaines problématiques ».

 

Pour autant, les collaborations entre l’Université de Corse et les îles aux quatre coins du monde dans le cadre du RETI ne se limitent pas aux activités de recherche scientifique. Elles concernent également la formation des étudiants. En septembre 2019, un double-diplôme en sciences économiques et sociales sera ouvert entre l’Université de Corse et celle de Sassari, en Sardaigne. En parallèle, d’autres programmes, autour des stages en entreprise par exemple, sont en cours d’élaboration et participent également à « créer une dynamique de mobilité étudiante entre ces territoires », souligne Mathieu Graziani. À cet égard, le RETI travaille avec le conseil permanent corse-sarde, une interface politique entre les élus sardes et corses dédiée à la coopération entre les deux îles, pour renforcer la mobilité des étudiants entre ces régions voisines en développant, par exemple, un réseau d’entreprises permettant de faciliter les stages. « Au-delà du rayonnement qu’il offre à l’Université de Corse, le RETI implique les étudiants et leur permet d’acquérir une véritable expérience internationale », note Mathieu Graziani.

 

Une dynamique qui s’appuie notamment sur le programme Erasmus, en faisant des territoires insulaires européens des destinations prioritaires pour les échanges internationaux des étudiants.

À ce titre, chaque année, l’Université de Corse accueille une dizaine d’étudiants en provenance d’îles membres du RETI. De ce point de vue, l’attractivité du réseau ne semble pas faire de doute et se renforce même au fil des ans : constitué en 2010 autour de 19 membres issus d’îles du monde entier, le RETI compte aujourd’hui 28 territoires insulaires en son sein et des demandes d’adhésion régulières qui devraient lui permettre de tisser encore sa toile dans les années à venir.

 

  • Mathieu GRAZIANI
    Mathieu GRAZIANI
    Vice-président Relations internationales
Mathieu GRAZIANI
Vice-président Relations internationales

Mathieu GRAZIANI est Vice-président des Relations Internationales de l’Université de Corse depuis mai 2016. Après avoir travaillé à Paris VII et Harvard University, il est arrivé à l’Université de Corse en 2008. Normalien et agrégé de lettres classiques, il enseigne à la Faculté des Lettres.

Ses missions de Vice-Président des Relations Internationales concernent la structuration de la politique internationale de l’Université de Corse et notamment deux éléments centraux : le développement de la mobilité des étudiants mais aussi des personnels, ainsi que la stratégie d’animation des réseaux et partenariats dont fait partie l’institution. Une attention particulière est portée aux relations entretenues avec les partenaires méditerranéens et aux zones culturelles qui connaissent des situations de plurilinguisme. Enfin le renforcement des liens avec les homologues insulaires de l’Université de Corse dans le monde constitue un axe de travail important de la mission du vice-président.


Contact : vpri@universita.corsica