L’Université de Corse au défi de la coopération transfrontalière

Focus

Depuis les années 1980, l’Université de Corse, en partenariat étroit avec le CNRS, continue de multiplier les échanges avec les îles et les pays voisins dans le cadre de dispositifs européens de coopération. Au cœur de ces collaborations : des programmes de recherche et de formation pour développer le territoire.

 

Depuis son ouverture à l’aube des années 1980, c’est l’un des chevaux de bataille de l’Université de Corse : constituer une dynamique forte de coopération transfrontalière dans le bassin méditerranéen. L’objectif est clairement défini. Il s’agit d’accentuer le rayonnement et l’attractivité du campus de Corte, tout en cherchant à promouvoir et à développer le territoire corse. « Nous avons des problématiques assez similaires dans de nombreux domaines avec les régions transfrontalières, explique Marc Muselli, vice-président de la Commission de la Recherche de l’Université de Corse. C’est pourquoi nous travaillons de manière conjointe sur des thèmes scientifiques communs en s’appuyant sur des appels à projets inter-régionaux pour tenter d’y répondre ».

À ce titre, depuis de nombreuses années, l’Université de Corse continue de multiplier les échanges avec les îles et les pays voisins à travers des dispositifs européens de coopération. Le but : mener des études scientifiques en s’appuyant sur des similitudes des régions en vue de fournir des réponses communes à des problématiques identifiées. À titre d’exemple, entre 2007 et 2013, dans le cadre du programme Interreg Italie-France Maritime, par le biais de son projet structurant « Feux » l’Université de Corse et le CNRS ont travaillé notamment avec la Ligure et la Sardaigne sur un programme de gestion des risques incendie. Baptisé PROTERINA-C, il vise à évaluer l’impact de la variabilité des conditions climatiques sur ce type de risques dans les espaces naturels et urbains pour les trois régions en vue de leur fournir des outils communs pour la lutte.

« L’idée est de mixer et de profiter des compétences de chacune de ces régions pour répondre à des enjeux communs avérés »

En parallèle, dans le cadre du projet MARTE+ (Mare, Ruralità e Terra : potenziare l’unitarietà strategica), les chercheurs de l’Université de Corse et du CNRS se sont associés à des scientifiques ligures, toscans et sardes. Objectif : favoriser le développement conjoint de l’innovation et de l’esprit d’entreprise sur les différents territoires concernés afin d’accroître la compétitivité des zones rurales et du tourisme à l’intérieur d’un espace méditerranéen et européen plus vaste. Seule région française alors éligible au programme, entre 2007 et 2013, l’Université de Corse a été associée à cinq projets d’Interreg pour un budget global de 1,9 million d’euros. Pour la programmation 2014-2020, la Commission Européenne a décidé d’élargir la zone de coopération à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et aux Alpes-Maritimes « ce qui a permis d’accroître notre capacité à trouver des partenaires et à développer notre réflexion sur un espace plus important, relève Marc Muselli. L’idée est de mixer et de profiter des compétences de chacune de ces régions pour répondre à des enjeux communs avérés ».

De ce point de vue, les objectifs stratégiques définis par Marittimo sont pour le moins clairs : ils ont trait au tourisme innovant et durable, aux biotechnologies, au développement des énergies renouvelables et au nautisme, considérés comme des filières à très fort potentiel d’innovation. L’exemple du projet GRRinPORT, développé actuellement dans le cadre du programme Marittimo 2014-2020, suffirait à en illustrer toute la portée. Mis en œuvre conjointement par l’Université de Corse/CNRS et celle de Cagliari, il vise à améliorer la qualité des eaux marines dans les ports en limitant l’impact des activités portuaires et du trafic maritime sur l’environnement et en définissant de bonnes pratiques de gestion des déchets et des eaux usées, respectant les principes de valorisation des ressources et de l’économie circulaire. Mais, bien que l’essentiel de ses travaux de coopération s’établissent dans le bassin méditerranéen, l’Université de Corse et le CNRS s’efforcent également de rayonner et de développer des collaborations bien au-delà de cet espace.

Afin d’offrir aux universitaires un espace d’échange permettant d’élaborer des projets communs et de valoriser leurs travaux, l’Université de Corse a créé, en 2010, le Réseau d’Excellence des Territoires Insulaires qui avait été fondé autour de 19 membres fondateurs, et compte aujourd’hui 28 établissements membres afin de lui donner une audience plus large et de faire sortir l’insularité de sa marginalité.

 

Deux double-diplômes en préparation

Pour autant, en parallèle à une multitude de partenariats scientifiques, les collaborations de l’Université de Corse avec ses territoires voisins ne se limitent pas aux activités de recherche. À travers le programme Erasmus+, plus de quarante étudiants cortenais sont partis en échange à l’international en licence et master. « Nous avons noué depuis longtemps des relations avec de très nombreuses universités européennes, en particulier avec nos partenaires naturels italiens, à Pise, Sassari et Cagliari, et pour faire face au Brexit nous prospectons activement en Europe du Nord où il y a beaucoup d’universités anglophones, précise Mathieu Graziani, vice-président de l’Université de Corse en charge des Relations Internationales. En plus des programmes d’échanges traditionnels, depuis la rentrée 2018 nous proposons un double diplôme entre notre école d’ingénieurs Paolitech et l’Université Polytechnique de Bucarest, et en septembre 2019 un double diplôme en sciences économiques et sociales entre l’Université de Corse et celle de Sassari. De nouvelles formations sont également en cours d’élaboration autour, par exemple, de l’économie raisonnée du tourisme, pour répondre à des problématiques particulièrement exprimées sur le territoire corse ».

De ce point de vue, l’Université de Corse ne compte pas limiter son action à de la formation, mais ambitionne aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives pour ses étudiants. Par le biais notamment du conseil permanent corse-sarde, une interface politique entre les élus corses et sardes visant à encourager la coopération entre les populations et les institutions des deux îles, l’Université de Corse espère renforcer la mobilité des étudiants qui désirent mener un projet, une mission ou un stage en Sardaigne. « Nous travaillons notamment à la mise en place, à moyen terme, d’une bourse aux stages, fait savoir Mathieu Graziani. Cela prendrait, par exemple, la forme d’un portail internet pour héberger des offres de stages communes aux deux îles. L’idée est simple : il s’agit de tisser un réseau d’entreprises pour développer à la fois l’expérience internationale et les débouchés professionnels pour nos étudiants ».

 

  • Marc MUSELLI
    Marc MUSELLI
    Vice-président de la Commission de la Recherche
Marc MUSELLI
Vice-président de la Commission de la Recherche

Réélu le 9 février Vice-président de la Commission de la Recherche, Marc MUSELLI est Professeur des Universités en Énergétique, Génie des Procédés et est l’auteur du premier brevet déposé au nom de l’institution en 2007. Président du conseil académique restreint depuis 2013, il est également à la tête de la Direction de la Recherche et du Transfert de l’Università depuis 2012. Ancien directeur adjoint de l’École d’Ingénieurs Paoli Tech, il a coordonné la responsabilité pédagogique de plusieurs diplômes (BAC+3 à BAC+5), la Direction du Département de Physique et la coordination des diplômes de master de la Faculté des Sciences et Techniques.

La mandature de la Commission de la Recherche 2016-2020 s’attachera à mettre en dynamique une stratégie de recherche et d’innovation répondant aux grands défis de la société : développer les interrelations avec le dispositif des alliances stratégiques nationales pour contribuer à l’espace européen de la recherche, inscrire et valoriser la recherche au cœur et aux frontières des disciplines, poursuivre l’effort de partenariat avec les grands organismes de recherche nationaux, mettre en œuvre une politique scientifique en phase avec les domaines de spécialisation identifiés à l’échelle régionale, diversifier les évènements de culture scientifique technique et industrielle seront autant d’actions s’inscrivant dans cette trajectoire vertueuse. Cette mandature s’attachera également à préparer d’une part, l’évaluation scientifique du HCERES et d’autre part, mettre en œuvre les projets de recherche inscrits au contrat d’établissement 2013-2017. Parallèlement à ces travaux et devant le processus irréversible de mondialisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, un effort important sera effectué pour internationaliser les activités scientifiques tant au niveau de la diversification des partenariats que des guichets de financement.


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  • Mathieu GRAZIANI
    Mathieu GRAZIANI
    Vice-président Relations internationales
Mathieu GRAZIANI
Vice-président Relations internationales

Mathieu GRAZIANI est Vice-président des Relations Internationales de l’Université de Corse depuis mai 2016. Après avoir travaillé à Paris VII et Harvard University, il est arrivé à l’Université de Corse en 2008. Normalien et agrégé de lettres classiques, il enseigne à la Faculté des Lettres.

Ses missions de Vice-Président des Relations Internationales concernent la structuration de la politique internationale de l’Université de Corse et notamment deux éléments centraux : le développement de la mobilité des étudiants mais aussi des personnels, ainsi que la stratégie d’animation des réseaux et partenariats dont fait partie l’institution. Une attention particulière est portée aux relations entretenues avec les partenaires méditerranéens et aux zones culturelles qui connaissent des situations de plurilinguisme. Enfin le renforcement des liens avec les homologues insulaires de l’Université de Corse dans le monde constitue un axe de travail important de la mission du vice-président.


Contact : vpri@universita.corsica