L’Université de Corse, un trait d’union entre laboratoires et entreprises

Focus

Depuis 2012, l’Université de Corse travaille de concert avec la Société d’Accélération de Transfert de Technologies (SATT) Sud-Est pour rapprocher la recherche fondamentale et le monde économique.

 

 

 

 

Dresser un pont entre la recherche scientifique et la sphère économique de la Corse. Voilà, en substance, l’objectif du lien tissé depuis 2012 entre la Société d’Accélération de Transfert de Technologies (SATT) Sud-Est et l’Université de Corse Pasquale Paoli. Ce partenariat stratégique bâti entre les deux institutions vise à valoriser les technologies issues de la recherche fondamentale universitaire auprès des entreprises par la mise sur le marché d’innovations contribuant au développement économique et à la création d’emplois qualifiés. C’est, en tout cas, la mission confiée aux 14 SATT du territoire métropolitain par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Elles ont été portées sur les fonts baptismaux pour assurer un relais entre les laboratoires de recherche et les entreprises via le financement de la maturation de projets innovants.

Au total, la SATT Sud-Est valorise à travers le territoire national un potentiel de plus de 10 000 chercheurs et doctorants dans quelques 200 laboratoires. « C’est un outil fondamental pour que les fruits de la recherche publique puissent contribuer au développement socio-économique d’un territoire », considère Marc Muselli, vice-président de la Commission de la Recherche de l’Université de Corse. L’action de la SATT à nos côtés permet aux projets de nos laboratoires de gagner en maturité afin de devenir plus compétitifs sur le marché ».

 

Exemple type de cette démarche, la plateforme Stella Mare, figure de proue de l’Université de Corse et du CNRS en matière de recherche en ingénierie écologique marine et littorale, établit depuis plusieurs années ce lien entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée. « Par ses technologies de pointe pour la maîtrise de la ressource halieutique en Méditerranée, l’unité Stella Mare s’inscrit dans une démarche vertueuse de transfert des recherches menées et apporte des réponses aux besoins des professionnels de la mer afin de soutenir les filières de l’économie « bleue », poursuit Marc Muselli. De ce point de vue, autour de nombreux programmes de recherche, portant notamment sur la maîtrise d’espèces nobles comme l’huitre plate, le homard, le denti ou l’oursin, l’Université de Corse/CNRS pose les jalons de la valorisation et du transfert de technologies et de savoir-faire directement issus de la recherche publique, sur la demande et au service des acteurs de l’économie corse ».

 

Afin de renforcer le trait d’union entre les chercheurs et les entreprises et à la demande de l’Université de Corse, la SATT a détaché un personnel positionné au sein de la Direction de la Recherche et du Transfert depuis mai 2017, afin d’amplifier la détection d’innovations au sein des centres de recherche et de jouer un rôle de courroie de distribution entre les deux sphères. Objectif : puiser dans les laboratoires de recherche et les différentes plate-formes de l’Université / CNRS – soit les travaux de quelques 160 chercheurs au total – pour valoriser et exploiter les programmes de recherche potentiellement porteurs en matière d’économie et d’innovation.

 

Actuellement, une quinzaine de projets est en cours dans l’île en lien avec la sphère économique, ouvrant la voie à des potentielles concessions de licences d’exploitations à des entreprises. Depuis 2012, l’Université de Corse a ainsi procédé à 18 déclarations d’invention parmi lesquelles deux brevets et l’appui scientifique à la création d’une start-up, Stepsol, axée sur le développement d’une solution de production maîtrisée et de stockage d’énergie d’origine photovoltaïque. Autre projet phare : un programme de recherche sur la molécule « géraniol » issue de l’immortelle de Corse aux multiples vertus curatives, afin de proposer une alternative et une solution complémentaire à l’utilisation des antibiotiques dans le cadre de la lutte contre l’antibiorésistance. Il a fait l’objet d’une déclaration d’invention et a donné lieu à une licence exclusive pour une société spécialisée dans le domaine de la santé humaine.

 

 

« On constate, en Corse, la mise en place d’un écosystème de l’innovation, observe Marc Muselli. Il y a une vraie volonté de construire un nouveau modèle économique autour de la recherche. C’est justement l’un des enjeux de cette convention cadre Université de Corse – SATT, en collaboration étroite avec les autres acteurs de l’innovation présents en Corse, pour permettre à l’Université de Corse de poursuivre la diffusion d’une véritable culture de l’innovation au sein de ces laboratoires. Et d’opérer un retour des fruits de sa recherche vers la société insulaire ».

  • Marc MUSELLI
    Marc MUSELLI
    Vice-président de la Commission de la Recherche
Marc MUSELLI
Vice-président de la Commission de la Recherche

Réélu le 9 février Vice-président de la Commission de la Recherche, Marc MUSELLI est Professeur des Universités en Énergétique, Génie des Procédés et est l’auteur du premier brevet déposé au nom de l’institution en 2007. Président du conseil académique restreint depuis 2013, il est également à la tête de la Direction de la Recherche et du Transfert de l’Università depuis 2012. Ancien directeur adjoint de l’École d’Ingénieurs Paoli Tech, il a coordonné la responsabilité pédagogique de plusieurs diplômes (BAC+3 à BAC+5), la Direction du Département de Physique et la coordination des diplômes de master de la Faculté des Sciences et Techniques.

La mandature de la Commission de la Recherche 2016-2020 s’attachera à mettre en dynamique une stratégie de recherche et d’innovation répondant aux grands défis de la société : développer les interrelations avec le dispositif des alliances stratégiques nationales pour contribuer à l’espace européen de la recherche, inscrire et valoriser la recherche au cœur et aux frontières des disciplines, poursuivre l’effort de partenariat avec les grands organismes de recherche nationaux, mettre en œuvre une politique scientifique en phase avec les domaines de spécialisation identifiés à l’échelle régionale, diversifier les évènements de culture scientifique technique et industrielle seront autant d’actions s’inscrivant dans cette trajectoire vertueuse. Cette mandature s’attachera également à préparer d’une part, l’évaluation scientifique du HCERES et d’autre part, mettre en œuvre les projets de recherche inscrits au contrat d’établissement 2013-2017. Parallèlement à ces travaux et devant le processus irréversible de mondialisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, un effort important sera effectué pour internationaliser les activités scientifiques tant au niveau de la diversification des partenariats que des guichets de financement.


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