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Nouveau programme de Recherche : présentation du « Smart village » expérimenté à Cuzzà

Mercredi 11 octobre 2017 à 12h00
Cozzano


Le nouveau programme de Recherche sur les « smart villages » de l’Université de Corse et du CNRS sera présenté le mercredi 11 octobre 2017 à 12h00, à Cuzzà en présence de Paul-Marie Romani, Président de l’Université de Corse, Jean-Jacques Ciccolini, Maire de Cozzano, et Jean-Bernard Levy, PDG d’EDF.

Si dans quelques décennies 70% de la population mondiale se trouvera dans les villes, quel avenir pour les territoires non urbains ? Se dirige-t-on vers inexorablement vers des « smart cities » et des « stupid villages », pour reprendre l’expression d’un guide de la Caisse des dépôts sur cette thématique paru en 2016 ?

Conscients de cet enjeu, l’Université de Corse et le CNRS lancent un programme de recherche sur l’émergence de « smart villages », c’est-à-dire de nouveaux territoires intelligents. L’ambition est de développer une stratégie de développement durable en s’appuyant sur des objets connectés et le traitement des données collectés par des capteurs. Porté par une équipe de recherche en informatique du Laboratoire Sciences Pour l’Environnement (CNRS / Université de Corse) spécialisée dans la modélisation et la simulation de systèmes complexes, ce projet est mené en partenariat avec EDF et la société corse d’informatique SITEC et bénéficie de fonds européens FEDER pour la période 2017-2020.

Ce nouveau projet s’appuie également sur les avancées du programme de recherche AMBIENTE porté par l’UMS STELLA MARE (CNRS / Université de Corse), financé par la CTC, l’Etat et l’Europe, qui a permis, entre autres, de développer un objet connecté innovant permettant le suivi du vivant.

Responsable scientifique du programme : Thierry ANTOINE-SANTONI.

 

Cuzzà, « smart village » expérimental

Le village de Cuzzà, en Corse-du-Sud, a été retenu pour devenir un « smart village » expérimental. Depuis une vingtaine d’années, Cuzzà a développé une stratégie de développement durable avec notamment la construction d’une chaufferie biomasse et de centrales hydroélectriques. Il vise d’ailleurs à devenir un territoire à énergie positive : il produira plus d’énergie qu’il n’en consomme. Ce village de 300 habitants connaît également une développement économique et démographique assez remarquable.

La municipalité (autour du maire Jean-Jacques Ciccolini) et l’ensemble des acteurs du village sont naturellement fortement associés à la démarche : un éleveur-charcutier, un agriculteur, les sapeurs-pompiers positionnés sur la commune, l’école ou encore les habitants participent au projet global, qui se veut inclusif mais non intrusif.

 

Axes scientifiques de travail

L’enjeu scientifique majeur de ce programme de Recherche est de coupler intelligence artificielle (optimisation par la simulation plus spécifiquement) et l’Internet des Objets (IdO). Il est découpé en plusieurs groupes de travail :

  • Déploiement de l’infrastructure de communication LoRa
  • Recherche et développement et déploiement d’objets connectés au service des acteurs
  • Optimisation par la simulation de la gestion des ressources de la commune
  • Développement de services nouveaux aux citoyens : open data, communication d’informations relatives à l’environnement, etc.

 

Quelques exemples concrets d’actions à venir :

  • Des réseaux capteurs sans fil nouvelle génération placés dans le village permettront de recueillir et diffuser des données environnementales (météo, qualité de l’eau, de l’air, etc.)
  • Le suivi des positions et déplacements d’un élevage de porcs pourra accompagner l’intérêt majeur qu’est la traçabilité
  • L’agriculteur, un safranier en exploitation bio, pourra optimiser sa récolte via des relevés de données relatives à la culture
  • Les sapeurs-pompiers de la commune pourront bénéficier des recherches du Smart Village dans le cadre du suivi des risques (incendie, crues).

L’école de Cuzzà est intégrée dans le projet de manière transversale. Des actions de sensibilisation sur les enjeux de l’intelligence artificielle, l’internet des objets ou le big data y seront menées.

 

 

La recherche fondamentale, socle essentiel, est donc ici complétée par un passage « aux terrains » permettant de valider ou infirmer certaines hypothèses et visions. Peut-on éclairer le pilotage et optimiser la gestion d’une commune par le biais de la collecte d’énormément de données tout en préservant son identité ? C’est également l’enjeu de cette recherche interdisciplinaire et complexe.